OLIVIER

OLIVIER

A la découverte des idéogrammes Chinois : le Yin et le Yang (2/6)

Voici le deuxième épisode de la série de slidecasts consacrée à la découverte de quelques caractères Chinois (idéogrammes).

Cette série m’a été inspirée à la suite de la lecture du livre de Cyrille Javary, « Le Discours de la tortue : Découvrir la pensée chinoise au fil du Yi-Jing ». Si vous souhaitez en savoir plus sur la philosophie (Confucius, Lao Tseu …) et l’histoire de la Chine, je vous en conseille vraiment la lecture.

Après le premier slidecast qui décryptait l’idéogramme « Changement » (yi), cette chronique aborde les idéogrammes du yin et du yang. Ces deux termes sont pratiquement intraduisible en français, c’est pourquoi l’étude des idéogrammes permet de mieux en comprendre le sens original.

(PS : En réécoutant ce slidecast, je m’aperçois que le ton de ma voix est plutôt monocorde (voire limite dépressif !). N’étant pas encore complètement habitué à m’enregistrer, cela peut effectivement donner ce genre de résultats … mais promis, j’essaie d’améliorer cela dans les prochains slidecasts.)

Voici la retranscription du slidecast :

Lorsque l’on s’attarde sur ces deux caractères, on s’aperçoit qu’ils possèdent une partie commune avec ce signe en forme de P sur la gauche. Désignant à l’origine les tertres rituels utilisés lors d’anciennes cérémonies religieuses, ce signe affirme avant tout que Yin et yang ne sont rien et ne valent rien l’un sans l’autre. Comme adret et ubac, le Yin et le Yang sont les deux versants d’une même montagne, les deux aspects d’une même situation.

Voyons maintenant chacun de ces idéogrammes en commençant par le Yang.
 On voit un certaine ressemblance entre la partie droite de l’idéogramme et le caractère « changement », que nous avons vu lors du précédent slidecast. En haut se retrouve le signe du soleil et en bas celui de la pluie. La différence vient du trait horizontal séparant nettement le signe du soleil de celui de la pluie. Alors que le caractère « changement » exprime la continuelle succession du soleil et de la pluie, ici l’accent est mis sur leur différenciation. Ce n’est plus le fonctionnement global qui est signifié, mais un de ses instants : le moment où le soleil est en train de gagner sur la pluie, quand il fait de plus en plus chaud, de plus en plus clair, quand le ciel semble monter, l’horizon s’agrandir. Avec le Yang, C’est une fin d’orage qui est représentée, comme une invitation à sortir.

Venons-en maintenant à l’idéogramme Yin. L’idéogramme représente lui aussi une scène d’orage. On y trouve deux signes superposés, mais cette fois ils ne sont soulignés par aucune séparation. En bas se trouve le caractère « nuages » et au dessus un signe évoquant une idée d’accumulation et de potentialité. L’association des deux évoque donc un moment durant lequel des nuages porteurs de pluie sont en train de s’amasser : il fait de plus en plus sombre, de plus en plus froid, le ciel semble s’abaisser, l’horizon se rétrécir. A l’opposé du caractère Yang qui montrait un soleil apparaissant de plus en plus, comme un orage se dissipant, le signe Yin évoque un orage se formant, et constitue donc une invitation à rentrer.

L’étude de ces deux caractère montre bien que Yin et Yang ne sont ni des qualités ni des attributs mais bien des orientations. Yin et Yang servent à repérer des tendances.

On peut d’ailleurs placer ces repères dans une organisation à la fois cardinale et saisonnière.

On a tout d’abord les positions extrêmes du changement avec le plein soleil associé au Sud et à l’été, et la pluie battante associée au Nord et à l’hiver.

Puis, Yang, placé à l’Est, deviendra le symbole de la floraison printanière, et Yin placé à l’Ouest, sera la symbole de la fructification automnale et invitation à rentrer et restaurer ses forces.

Ainsi, pour décrire un situation yin ou yang, on constate qu’il est beaucoup plus efficace d’utiliser des verbes plutôt que des adjectifs puisque Yin et Yang ont pour but d’indiquer des mouvements et servir de repères dans le battement continuel du changement.

Le passage de cette retranscription est une citation directe du livre de Cyrille Javary, le discours de la Tortue.