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OLIVIER

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Podcast : Interview d’Argancel du blog Ceclair sur l’art de parler en public (Toastmaster)

mini-toastmastersC’est un plaisir d’accueillir pour cet article Argancel du blog ceclair.fr. Argancel est membre d’un club Toastmaster et nous fait partager dans cette interview son expérience dans l’art de la prise de parole en public.

Cet article m’a permis de m’apercevoir qu’interviewer et enregistrer un podcast sont aussi des arts. Merci pour votre indulgence pour cette première tentative ;-). Et bien entendu, merci à Argancel pour sa disponibilité et ses conseils.

 

Le podcast

 

[audio:https://www.simpleslide.com/audio/podcast-ceclair.mp3]

Retranscription de l’interview

Bonjour et bienvenue à tous pour ce premier podcast de Simple Slide. J’ai le plaisir aujourd’hui d’accueillir Alexandre Filipiak plus connu sous le nom d’Argancel dans la blogosphère Française. Alexandre est l’auteur du blog ceclair et puis c’est également le fondateur de devperso.org qui regroupe tous les passionnés de développement personnel francophone. Je vous invite vraiment à aller faire un tour sur ces différents sites. C’est toujours intéressant, il y a toujours pleins de bonnes ressources. Si vous souhaitez progresser que ce soit dans votre professionnelle ou personnelle, allez faire un tour sur ces deux sites.

Si je suis aujourd’hui avec Alexandre, c’est pour que l’on puisse aborder ensemble un thème qui nous passionne tous les deux et qui est celui des présentations. Alexandre a la particularité de faire partie d’un club Toastmaster et il nous expliquera ce que c’est. Ce sont des clubs dédié à l’art de la prise de parole en public. Je trouvais intéressant de discuter avec lui et qu’il nous fasse partager ses connaissances sur le sujet.

Bonjour Alexandre. Avant de rentrer dans le vif du sujet et de connaître tes secrets pour faire une bonne prise de parole en public, est-ce que tu peux nous présenter le concept de Toasmaster et nous dire pourquoi tu as eu envie d’intégrer ce genre de club ?

Bonjour. En fait Toasmaster pour moi ça remonte à assez longtemps. La première fois que j’en ai entendu parlé c’était sur le blog de Steve Pavlina, puis après sur d’autres blogs comme Humor Power. Ces gens fréquentent le club Toasmaster de Las Vegas et font des discours pour s’entraîner. Ils font des réunions toutes les deux semaines à peu près. Ça dépend des clubs. Certains le font une fois par mois d’autres deux ou trois fois par mois selon le nombre de membres. Moi ça tombe bien, parce que la fameuse peur du public moi je l’ai eu depuis toujours on peut dire. La première exposition que j’ai face à ça c’était surtout en tant que pianiste. Je ne faisais pas de présentation orales mais j’avais un trac fou. Cela a même empiré avec l’âge. A 16 ans, je n’étais pas mieux qu’à 10 ans. C’était même l’inverse : à 10 ans j’arrivais mieux à jouer du piano que quand j’étais plus grand. C’était un truc un peu inquiétant, surtout quand on est dans le développement personnel, car on l’habitude de se dire que l’on essaie de s ‘améliorer, d’être de mieux en mieux, mais là je ne m’améliorais pas vraiment. J’étais donc intrigué par ça. Quand je commençais à bloguer à Madagascar, il n’y avait malheureusement pas de clubs là-bas. Il faut savoir que Toasmaster c’est une association mondiale qui a démarré aux Etats-Unis et aujourd’hui il y en a partout dans le monde, dans toutes les grandes villes. Par chance, quand je suis parti pour travailler à l’île Maurice, il existait un club Toasmaster. On est souvent étonné quand on vient dans un club Toasmaster car c’est vraiment professionnel. Chacun a un rôle. Chaque intervention orale est chronométrée. Rien n’est laissé au hasard et tout les speechs sont analysés pour voir les petites choses à améliorer et donc être de plus en plus à l’aise avec le public.

On sent que ce sont des clubs qui sont très structurés. Je ne sais pas combien vous êtes dans votre club à l’île Maurice mais il y a une personne qui est chargée de chronométrer, une autre d’évaluer, etc .. etc …

Nous sommes à peu près 25 personnes. Ça dépend aussi des clubs. Nous sommes dans une salle de classes où il y a des cours pendant la journée. Il peut y avoir des clubs qui s’organisent dans des salles plus grandes, spécialement quand il y a des orateurs connus qui viennent pour faire un discours. Selon les clubs, il y a différents styles. Il y a des clubs qui sont privés pour certaines sociétés, d’autres qui sont thématiques (uniquement des speechs d’humour par exemple). Dans des grandes villes comme Las vegas ou New York, vous allez avoir des dizaines de clubs et vous pouvez donc choisir celui qui vous correspond le plus.

J’avais fait une recherche il y a quelques temps et j’avais constaté qu’il n’y avait pas tant de clubs que cela en France.

Oui, c’est dommage. D’ailleurs, il existe des clubs dans de petites villes où l’on imaginerait pas qu’il y en ait. Par exemple, moi je suis originaire de la ville de Pau et là-bas il y a un club anglophone. C’est certainement lié au fait qu’il y a de nombreux anglophones en Aquitaine. Ce n’est pas systématique qu’il y ait un club dans chaque grande ville. Mais vous pouvez créer un club Toasmaster.

Rentrons maintenant dans ce qui fait la force et les atouts d’une prise de parole en public. Tu parlais de ce qui t’avais motivé à rentrer dans un club Toasmaster et c’était notamment d’arriver à vaincre son trac. Faire une présentation en public ça peut être intimidant. On est tout seul sur scène, face parfois à un public que l’on ne connaît pas. Dans ce genre de situation, la communication non-verbale peut parfois jouer un peu contre nous. Quels seraient tes conseils pour adapter notre langage du corps dans ce genre de situation ?

Quand on se retrouve devant un public, l’essentiel c’est de faire passer des émotions. Il faut que cela soit authentique. Il faut savoir se transformer en acteur et vivre ce que l’on est en train de dire. Cela va être important d’avoir les gestes qui soient bien coordonnés par rapport à ce que l’on dit. Point trop n’en faut non plus. Si les gestes sont artificiels ça n’ira pas. C’est important d’en jouer. C’est quelque chose sur lequel j’ai été pas mal sensibilisé.

Pour contrer le stress, c’est aussi important de se concentrer sur le sujet. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il faut faire abstraction du public car il faut quand même une interaction avec lui. Il faut être bien dans le sujet.

Il faut également bien projeter sa voix . Il faut prendre en compte les gens du fond. Il faut transformer cette nervosité que l’on a dans le fait de projeter sa voix pour donner vie à ce que l’on est en train de dire.

C’est un bon conseil. Comme tu l’as dis en introduction, c’est important de savoir rester authentique …

Oui, et il ne faut pas avoir peur de parler trop fort. Si vous vous enregistrez vous allez voir que vous avez une grosse marge. Même si vous parlez vraiment fort vous allez avoir pas mal de marge avant que les gens vous disent « moins fort, moins fort ».

Justement parlons du public. Je suis assez étonné parfois quand j’assiste à certaines conférences. Il y a vraiment des présentateurs qui paraissent distants et assez froids avec leur public. Comment vois-tu les choses par rapport à ça ?

Il y a certains moyens pour détendre les gens. Les faire rire par exemple, c’est important. On y arrivera pas toujours mais on pourra toujours avoir quelques sourires. Faire une petite pointe d’humour, dédramatiser la situation, poser des questions. Quand on pose une question, on tourne l’attention vers eux. Ça peut être une façon de les réveiller. Il faut les intéresser : adapter le message, connaître leur quotidien. Par exemple ici à Maurice, ils n’ont pas la même culture qu’en France. Les actualités ne sont pas les mêmes. Si je parle d’un fait divers en France, ils ne seront pas forcément au courant. Il faut donc bien les connaître, savoir comment on va les aider, savoir ce qu’ils attendent du speech.

C’est important aussi de rendre le speech le plus concret possible. Quand on sort une histoire personnelle, une petite anecdote, le public va tendre l’oreille car il sait que ce n’est pas quelque chose qu’il va trouver dans n’importe quel bouquin. Il existe également d’autres petits trucs comme utiliser des accessoires. On peut sortir de la poche un petit accessoire, faire de l’inattendu. On peut également moduler la voix. Si on a une voix monotone du début à la fin, les gens vont commencer à s’endormir.

Effectivement dire des choses personnelles et apporter de l’inattendu ça réveille l’auditoire. On le sait qu’il y a des cycles dans une présentation. Les gens vont être attentifs au début de la présentation et puis – c’est quasiment biologique – au bout d’un certain moment les gens vont commencer à décrocher …

Oui, c’est important de mettre un certain rythme dans le discours. Par exemple, pour un speech divertissant, on va se dire je vais essayer de provoquer un rire tout les X minutes.

Un autre point important, c’est notre capacité à mémoriser notre présentation. Je pense que tous les présentateurs débutants doivent être un peu sujet à cette angoisse As-tu des conseils à donner dans ce domaine là , comment t y prends tu de ton côté ?

Ça va dépendre des speechs. Pour les présentations avec des diapos, les gens préparent un peu moins leur texte au mot près. Par contre si c’est quelqu’un qui va dire un discours historique, il faudra qu’il le récite exactement comme il a été prononcé par le personnage historique qui l’a dit. D’ailleurs souvent dans ces cas là dans mon club Toastmasters les gens prennent une feuille et le lisent. Ca dépend de la mémoire des gens. Moi, pour mes speechs au départ, j’ai commencé à mémoriser en écrivant un texte entièrement et en le mémorisant mot à mot. Le problème quand on fait cela, c’est que d’une part on est angoissé car on se dit si jamais je rate un ou deux mots je vais peut être perdre le fil du discours. Et d’autre part, on va avoir beaucoup moins de connexion avec le public. On aura moins ce contact visuel avec les gens. On hésitera plus à le faire.

J’en suis à 5 speechs avec mon club Toasmaster. Dernièrement j’ai essayé une autre technique. J’ai écrit mon texte mais j’ai essayé de répéter uniquement en mémorisant les idées. Quand je m’entraînais, je le disais d’une certaine façon puis d’une autre et comme ça ça aide à mémoriser uniquement les idées. En s’y prenant comme ça, il sera plus facile d’improviser. Ça va nous aider à mieux délivrer le message.

Pour rester sur les questions que peuvent se poser quelqu’un qui débute dans les présentations, quel autre conseil tu pourrais donner à quelqu’un qui veut se lancer dans l’art de parler en public.

Déjà s’il y a un club Toastmaster près de chez vous, il faut y aller et si possible régulièrement. Sinon, je pense qu’il faut saisir la moindre occasion pour prendre la parole. Si vous avez un dîner, portez un petit toast. Vous pouvez aussi sensibiliser votre entourage en leur expliquant que vous vous entraînez à la prise de parole en public. Si c’est en famille, ce sera beaucoup mieux avant de faire le grand saut. Moi ce qui m’a beaucoup aidé à Toastmaster c’est que j’ai une mentor avec qui je m’entraîne avant de faire mes speechs. On se donne rendez-vous une à deux fois avant la réunion et on fait un point. On lit un peu les objectifs du projet. Chaque speech vise à développer certains aspects de la présentation orale : Parfois ce sera la structuration du speech, parfois ce sera le body langage, parfois ce sera le fait de faire des figures du langage, d’utiliser des accessoires. Elle m’a beaucoup aidé au niveau de la prononciation. J’étais un peu rouillé avec l’Anglais. J’étais en Irlande et en Angleterre pendant pas mal de temps et pourtant je continue à avoir pas mal de difficultés à dire certains sons. Elle me permet donc de m’améliorer en ce sens. Elle va corriger aussi mon body langage – langage du corps. J’avais tendance à lever une main et puis l’autre main restait pendue et cela ne faisait pas très naturel. Ça, c’est quelque chose que j’ai appris avec elle. Je l’ai vu aussi quand je me suis enregistré en vidéo dernièrement. C’est une bonne chose à faire si vous n’avez pas de mentor. Enregistrez-vous, enregistrez votre voix. Faites-vous une vidéo de vous pendant que vous êtes en train de réciter le speech. Là vous allez voir tout de suite des choses dont vous n’aviez pas idée que faisiez. Vous allez voir vos tics de la parole, vos hésitations. Parfois, il y a certains mots que l’on répète tout le temps. Vous allez donc pouvoir vous observer et avoir un regard critiques sur vous-même.

On voit que les présentations effectuées dans le cadre de Toastmasters permettent d’aborder à chaque fois des techniques un peu différentes. Alors, je ne sais pas si cela t’es déjà arrivé, est-ce que tu as déjà eu affaire à un public un petit peu hostile. Si oui, as-tu des petites astuces à nous donner pour désamorcer ce genre de situation ?

Une situation typique du public hostile, c’est l’interview pour un job (entretien d’embauche). Il y a de la pression, un gros enjeu et ils vous attendent au tournant. Il faut un certain esprit. Il y a bien sur des choses évidentes comme bien s’habiller. Il faut savoir ce que l’on veut. Il faut s’attendre aux questions générales qui vont être posées.

Lorsque je faisais mes premiers discours à Toastmaster, j’avais l’habitude de parler de sujets un petit peu originaux sur le développement personnel inspirés d’articles que j’avais écrit. Mais je m’étais rendu compte que je voulais tout dire de ce qui était dans l’article et finalement il y en avait un peu trop. Les gens avaient du mal à saisir les premières idées et moi j’enchaînais sur le reste. Finalement, ça peut donner une mauvaise image car les gens ont perdu la connexion avec vous. Ils ne sont plus avec vous. Il faut vraiment être à l’écoute des gens pour pouvoir faire une bonne première impression.

Pour terminer cette interview, est-ce que tu aurais des ressources particulières (des sites Internet ou des livres) à nous communiquer ?

Oui, il y a un site qui est très bien qui est www.slidshare.net là dessus. Si déjà vous rejoignez Toastmaster, vous aurez des bouquins et pas mal de livrets qui traitent de sujets sur la prise de parole en public. Si vous n’avez pas de club près de chez vous, vous pouvez chercher des blogs sur le sujet. Je ne suis pas particulièrement tous les blogs sur le sujet, mais il y a notamment www.presentationzen.com. Pour les présentations, il y a en fait différents sujets : il va y avoir des livres spécialisés sur le travail de la voix, sur l’articulation. Ça peut être bien aussi d’acheter un CD que vous pouvez mettre dans la voiture où il y a des phrases difficiles à dire et vous les répétez.

Pour ceux qui lisent l’Anglais, il existe un site alltop speaking qui est un agrégateur des différents blogs Américains qui traitent des sujets des présentations que ce soit plus sous l’angle présentation PowerPoint ou prise de parole. Ça peut être une bonne ressource pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet.

Il existe un livre de Dale Carnegie qui a écrit l’art de parler en public. Je l’ai parcouru dernièrement et c’est vrai qu’il y a de bons conseils. C’est un livre très ancien mais l’art de parler en public c’est quelque chose qui se pratique depuis l’antiquité et il y a encore énormément de conseils à apprendre par rapport à eux.

Comme tu le dis, la rhétorique c’est vieux comme le monde et finalement les règles qui fonctionnent elles sont là depuis bien longtemps et c’est d’autant plus intéressant de pouvoir se plonger dans ce genre de livres parce que là on a vraiment les fondamentaux immuables de cet art.

Par exemple si vous lisez la République de Platon vous avez des dialogues qui peuvent vous aider à voir comment mettre en scène un raisonnement de façon un peu plus vivante qu’un discours banal.

On termine cette interview en citant Platon, je crois qu’on a atteint l’objectif ;-). Merci beaucoup Alexandre pour cette interview, je pense que cela aura donné pleins de bons conseils aux lecteurs qui souhaitent s’améliorer dans ce domaine de la prise de parole en public. Aujourd’hui on est tous amenés à faire des présentations. Comme tu l’a dit que ce soit dans le cadre d’un entretien d’embauche, de son travail ou même dans sa vie personnelle, c’est vrai que pouvoir maîtriser sa manière de s’exprimer ça peut vraiment nous permettre de progresser dans pleins de domaines de notre vie

Et c’est à ces moments où l’on en a vraiment besoin que l’on se dit « ah si je m’étais entrainé depuis longtemps à faire des discours, je pourrais avoir facilement le job alors que là je suis en train de peiner. C’est un petit peu comme un sport. C’est au moment où vous en avez le plus besoin que vous avez le plus besoin de tout l’entraînement qu’il y a eu avant.

C’est vrai que ça ressemble beaucoup à un sport dans ce que tu nous a montré : l’aspect club, entraînement, progressivité et le fait de travailler sur des domaines à chaque fois différents d’une présentation.

Oui, c’est comme ci on entrainait chaque petit muscle les uns après les autres

Merci beaucoup Alexandre, j’invite out le monde à aller sur ceclair et surdevperso.org. C’est la fin de ce premier podcast. Je vous invite à laisser vos commentaires en bas de cet article.