tuer-son-boss-powerpoint

Comment tuer son boss avec un PowerPoint (article invité)

Comment Tuer Son Boss Avec Un Powerpoint

tuer son boss powerpoint

Ceci est un article invité de Mohamed du blog SemeUnActe.com

En matière de présentation, il existe deux types de boss dans n’importe quel type d’entreprises. Le premier genre de boss, c’est celui à qui l’on doit vendre ses idées. Le second type de boss, c’est celui qui désire être acheté. Les différences peuvent se résumer en deux phrases :

  • Le premier va chercher ce qui cloche dans votre présentation
  • Le second va chercher les opportunités dans votre présentation

À qui voudriez-vous avoir à faire lors de votre prochaine présentation ? En clair, je vous demande de repenser à vos trois derniers meetings et aux trois dernières présentations auxquelles vous avez assisté.

Sans trop de risque de me tromper, je pense que vous allez préférer le boss numéro 2. Il est dans une optique plus ouverte, il ne cherche pas à vous descendre, il veut comprendre et vous appuyer le cas échéant. C’est le genre de Boss qu’on aimerait tous avoir.

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.

Je commencerai par la mauvaise : le boss numéro 2 n’existe pas ! C’est un mythe (ou presque) ! Et il le restera jusqu’à ce que vous appreniez à lui donner ce qu’il veut. Et puisqu’il veut que vous lui vendiez vos idées, vous allez apprendre à lui vendre vos bonnes idées. En fait, vous allez même apprendre à lui vendre les mauvaises. Vous allez voir que dans les deux cas, les procédés restent les mêmes.

La bonne nouvelle, la-voici : le boss numéro 1 est un boss numéro 2 qui ne demande qu’a switcher de mentalité, mais lui-même ne le sait pas. Il attend, il se méfie ! En fait, il a déjà rencontré tellement de collaborateurs qui ont essayé de le tuer avec un PowerPoint. Il faut le comprendre, le pauv’ gars ! Si vous aviez subi autant que lui, forcément vous deviendriez méfiant. Votre mission (si toutefois vous l’acceptez) va donc être d’en finir, non pas avec votre boss, mais avec les présentations mortelles.

Qu’est-ce que la « Death by PowerPoint » ?

Vous-même avez probablement déjà subi des tentatives d’assassinat par PowerPoint. C’est probablement parce que la personne ne s’était pas même pas donné la peine de chercher des cours et modèles gratuits. Vous n’avez survécu que parce que vous avez appris la règle du jeu, à savoir : je ne torpille pas tes présentations si tu ne te torpilles pas les miennes. Un échange de bon procédé, où tout le monde s’en tire bien, sauf votre entreprise. Bien sûr, ça ne deviendra grave qu’au moment où il faudra commencer à dégraisser. Il sera peut-être trop tard à ce moment-là.

Pour éviter qu’on ne vous taille la graisse qui déborde, je vous propose un rapide tour du proprio en termes de mauvaises présentations. En clair si vous souhaitez être licencié et pointé au chômage pendant les fêtes (parce qu’il fait quand même plus chaud chez soi), voici ce que vous devriez faire :

  • Mettez un gros pâté de texte sur vos slides. Si possible du blanc sur un fond noir, ça fera plus mal aux yeux de votre boss.
  • Ajoutez des images à la mord-moi-le-nœud. Des faux sourires, des fausses personnes avec tout plein de diversité dedans. Des noirs, des Arabes, des jaunes, tout le vrai monde quoi !
  • Incorporez un maximum d’effets débiles. Faut que ça tourne ! Et dans tous les sens. En résumé, votre présentation doit donner autant la gerbe qu’un tour de grand 8.
  • Utilisez de la musique, mais pas n’importe laquelle. D’abord et avant tout les sons livrés avec PowerPoint. Balance-man, Cadence-man, Cool Rasta !

Voilà ! Garantie sur facture, vous pointerez à l’ANPE, avec tous vos droits ouverts, avant les fêtes de Noël.

Et si on arrêtait de déconner ?

L’ironie ne marche pas avec tout le monde, cette deuxième partie est faite pour celles et ceux qui veulent présenter comme Steve JOBS, en clair avoir de vrais conseils sans être obligé de déchiffrer le pourquoi du comment au travers de mon humour à bas prix.

Communication is the transfer of Emotion

Tout d’abord, une explication sur « pourquoi autant d’anglais dans un article pour un blog en Français »? Je pourrais vous faire un couplet sur l’importance d’apprendre la langue de Shakespeare pour votre carrière, je suis coach en anglais, je pourrais. Je pourrais aussi vous dire que je suis fan de Seth GODIN et plus généralement de la blogosphère US et que je lis beaucoup ce qu’y en vient, oui je pourrais. Mais je préfère être honnête : je le fais, car je trouve vraiment que dit en anglais ça en jette ! Voilà, c’est dit !

Et si vous-même, vous décidiez d’en mettre plein les yeux de votre audience ? Vous n’en avez pas marre de faire comme tout le monde, de présenter comme tout le monde, d’emmerder le monde ? Si vous pensez être un plus pour votre service, prouvez-le ! Si vous pensez être un atout majeur pour votre société, prouvez-le !

La communication, c’est le transfert des émotions. Le public n’aime pas les gens gris et votre boss non plus. Il en a marre de s’ennuyer devant des PowerPoint qui ressemblent à des mails que l’abruti debout aurait pu (aurait dû ?) lui envoyer. Il n’aurait pas été obligé de s’asseoir et subir pendant de longues minutes.

Tout le monde veut être acheté. Tout le monde veut qu’on lui présente les choses importantes pour lui et d’une manière qui lui plaise, qui le fasse sourire, rire, pleurer. Personne ne veut s’ennuyer, personne ne veut être asséné de chiffres assommants.

Je le répète, car je suis sûr que vous êtes en train de scanner cet article : personne ne veut être asséné de chiffres assommants. Lorsque votre boss voudra les chiffres, il vous les demandera clairement. Et vous aurez intérêt à les lui procurer PAR ECRIT. Pas à l’oral, car il va les oublier. Pire encore, il risque d’associer la qualité de vos écrits à la qualité de votre présentation.

En clair, il y a une manière simple de présenter devant celles et ceux dont vous voulez attirer l’attention. Cette manière peut être divisée en 4 points facilement applicables. Vous allez me dire : si c’est si simple, pourquoi personne (ou presque) ne le fait ? La raison tient en une phrase toute simple elle aussi : la majorité des présentations sont construites dans un but qui n’est pas le but des présentations.

Quel est le but d’une présentation ?

Donner l’eau à la bouche. Rien de plus… et surtout rien de moins. Vous devez donner l’envie à votre boss, à votre audience de s’intéresser aux chiffres et autres informations assommantes. Sans ce prélude, c’est 75% de vos chances de faire un bon effet qui s’envolent. Et il n’y a rien de plus normal, car je le répète : personne n’aime être emmerdé !

Qu’est-ce qu’une bonne présentation ?

Vous êtes arrivés jusqu’ici donc vous méritez que je vous donne les quatre étapes d’une excellente présentation. Pour celles et ceux qui ont triché et sont venus directement ici sans les mille mots avant :

Une bonne présentation est une présentation qui parle aux deux hémisphères du cerveau de votre audience. Les présentations s’adressent généralement à l’hémisphère gauche du public. C’est une grosse erreur parce qu’honnêtement c’est la partie la moins fun. C’est celle qui veut des informations assommantes. Elle veut des données, des chiffres et tout cela présentés dans une logique implacable.

Je ne m’attarde pas sur l’hémisphère gauche, la plupart d’entre nous savent très bien présenter pour un public d’hémisphères gauches.

Une bonne présentation s’adresse en priorité à l’hémisphère droit. C’est là un des secrets que vous devez connaitre pour faire de l’effet. Faites rire, amusez votre audience. Faites les pleurer s’il le faut ! Bref, déclenchez de l’émotion, car c’est ce que veut l’hémisphère droit. Il veut être amusé, divertit. Il veut être stimulé de manière créative. C’est ici que les bonnes images, les bons sons, les bonnes musiques peuvent entrer en jeu.

Enfin, une bonne présentation va se focaliser sur quatre points précis. Ils sont l’évidence même, mais personne (ou presque) ne les utilise. Rappelez-vous ! Lorsque vous utiliserez ces quatre points, il vous faudra ne surtout pas oublier l’objectif principal de toute présentation, à savoir : donner à votre audience l’envie d’en savoir plus.

Utilisez des notes.

Votre contenu est tout aussi important que la manière de présenter votre contenu. Vous êtes debout devant un public pour dire quelque chose. Il serait bête que prit de stress ou d’euphorie (parce que vous tombez doucement, mais surement amoureux de votre style) vous en oubliiez de dire ce que vous êtes venu dire.
Attention ! Des notes c’est six mots maximum sur chaque bout de papier. N’importe quelle idée peut être résumée en six mots ou moins. (Dixit, Seth GODIN, le type dont je parle plus haut. Si vous n’aviez pas scanné l’article, vous l’auriez vu)

Vos slides doivent renforcer ce que vous dites, pas le répéter.

C’est un classique. Le public finit par se demander s’il doit lire le slide ou regarder l’intervenant. Si le public passe son temps à regarder le slide, c’est que clairement quelque chose cloche.

Je vous donne un exemple. Kim Jong Il est mort aujourd’hui. Je pourrais vous décrire la manière dont les gens crèvent de faim dans son pays. Je pourrais vous parler de la manière dont son peuple en est réduit à manger les morts pour avoir de la viande. Je pourrais vous dire que les orphelins ramassent les grains de riz à l’unité par terre pour manger. Je pourrais écrire tout un paragraphe à lire, mais je préfère vous montrer cette image.

kim jong il coree du nord

Ça se passe de commentaires n’est-ce pas ?

Dites à votre audience qu’elle recevra un livret avec tout ce que vous aurez dit et plus à la fin de la présentation.

Du temps à noter ce que vous dites, c’est du temps que votre audience ne vous consacre pas. Ils ne vous regardent plus et ils vous écoutent à peine. C’est normal vous parlez en même temps qu’ils notent. Si vous ne leur proposez rien en fin de présentation, certains vous feront même vous répéter : qu’avez-vous dit concernant le potentiel de vente à Shanghai ? C’était en milliers ou en millions ?

Vous pouvez éviter cela si vous dites à votre audience que vous leur remettrez toutes les informations assommantes et bien plus à la fin.

Attention ! Si vous remettez le dossier en début de présentation, c’est mort ! Votre audience va passer tout son temps à lire vos écrits. Il ne vous restera plus qu’à faire une présentation devant des cheveux. Si vous avez de la chance, il y en aura de toutes les couleurs et vous pourrez vous amuser à imaginer les visages qui se cachent sous ces mèches roses.

Demandez un feedback immédiat

Pourquoi êtes-vous debout devant ces gens ? Si vous n’en avez pas la moindre idée, c’est que cette présentation est soit totalement inutile, soit une grosse daube et en réalité tout le monde s’emmerde.

Non, vous m’avez lu jusqu’ici donc vous savez pourquoi vous êtes là debout ces gens. Vous les tenez ! Vous les tenez et vous voulez savoir immédiatement ce qu’ils ont l’intention de faire dans le futur proche concernant le sujet qui vous a amené autour de la table en premier lieu.

Le meilleur moyen de savoir étant encore de demander. Vous pouvez faire passer une feuille avec cinq à sept questions maximum qui vous fera savoir si :

  • D’une part, vous avez le feu vert pour vous lancer ou continuer sur tel ou tel projet.
  • D’autre part, si le feu vert n’est pas donné clairement, au moins ce que vous devez faire ou fournir pour que le feu vert soit donné.

En conclusion

Tuer son boss avec un PowerPoint est une chose facile, mais le voulez-vous vraiment ? Ça fait des tonnes de papier à remplir, ce n’est jamais bon pour le business et après tout il doit bien avoir quelqu’un qui l’aime quelque part, donc par empathie vous ne le feriez pas.

Impressionner son boss, en revanche, est une chose moins facile, voir carrément dur avec certains patrons particulièrement c… exigeants. Ce n’est ni bien, ni mal. C’est ainsi que va le monde et nous n’avons pas inventé les règles, nous nous contentons d’en jouer.

Vous avez toutes les clefs en main. Vous pouvez impressionner votre audience. Mais oserez-vous ? Être différent est parfois beaucoup plus difficile que faire comme tout le monde. Mais rappelez-vous : personne n’aime les gens gris.

Mohamed SemeunacteÀ propos de l’auteur : Mohamed Mouras blogue depuis 3 ans sur Semeunacte.com et Simpledad.fr. Il est webentrepreneur depuis plus d’un an et il lance en ce moment même sa quatrième formation « Comment Switcher de Mentalité en 14 jours : Organisez-vous, planifiez et osez passer du salarié à l’entrepreneur ». Pour plus d’informations, cliquez-ici.

Credit Photo

4 Comments

  • Mohamed Semeunacte

    Reply Reply 21 août 2012

    Merci Olivier pour ton accueil chaleureux sur ton blog :-)

  • Super article dis donc Mohamed ! De quoi faire un e-book :)

    Si je devais rajouter un petit élément ca serait de « croire en ce que l’on raconte ». Tout le reste est beaucoup plus simple ensuite.

    Bonne continuation,

    Nassim

  • Mohamed Semeunacte

    Reply Reply 9 octobre 2012

    Merci Nassim. C’est un pote blogueur qui insiste particulièrement sur le fait de croire en ce que l’on raconte. Tu as tout à fait raison.

Leave A Response

* Denotes Required Field