mini-sua

[Le Conseil PowerPoint du Vendredi] Étude de cas : Voici le making of de l’une de mes présentations

mini-sua J’ai récemment réalisé pour Mohamed du blog Sème un Acte une présentation pour lancer son livre numérique « Un Moment Pour Semer, Une Vie Pour Récolter ». Je profite de l’introduction de cet article pour remercier Mohamed de sa confiance et je vous invite à télécharger son livre plein de sagesse et d’optimisme.

 Avec l’article d’aujourd’hui, je souhaite vous expliquer comment je procède pour réaliser une présentation. Bien entendu, je n’ai pas la prétention de détenir une méthode miracle mais la pratique m’a permis de mettre en place quelques trucs et astuces que je souhaite partager avec vous. Voici la présentation :

 

L’origine de la présentation

Mohamed m’a contacté pour faire une présentation-teasing de son livre numérique « Un Moment Pour Semer, une Vie Pour Récolter ». L’objectif était de mettre en ligne cette présentation pour inciter ses lecteurs à télécharger l’e-book. Voici un premier point à retenir : Il existe une grande différence entre une présentation en ligne et une présentation qui sert d’appui à un discours oral (une conférence par exemple). La présentation en ligne doit pouvoir vivre toute seule. C’est pourquoi, elle comprendra généralement plus de texte et plus de slides qu’une présentation destinée à un discours oral.

 

1ère étape : Éteindre l’ordinateur

La première étape pour faire une bonne présentation c’est d’éteindre son ordinateur. Mettez-vous dans une ambiance détendue et propice à la concentration. Préparez votre esprit pour la création. Pour moi, c’est un espace de travail clair et très épuré, les Stone Roses en musique de fond et c’est parti !

 

2ème étape : S’imprégner de son sujet

Prenez le document que vous devez transformer en présentation et munissez-vous de trois outils essentiels : un stabilo, un crayon et un bloc notes. A ce moment de votre présentation, vous n’avez besoin de rien d’autre. C’est parti pour la lecture du document. Le temps étant limité, évitez les lectures « à blanc » sans prendre de notes. Soyez efficace dès le début. Stabilotez les phrases qui vous interpellent. Distinguez l’essentiel de l’accessoire. Soyez attentif aux éventuelles images ou comparaisons qu’utilisent l’auteur. Comprenez la structure cachée du document. Dans le cas que nous étudions, j’ai eu la chance d’être bien servi. Le livre de Mohamed regorge d’images fortes, de citations et de formules bien travaillées.

 avap

 

3ème étape : Dessiner ce que l’on lit

Parallèlement à la lecture du document et au surlignement des parties importantes, j’ai à côté de moi mon bloc-notes sur lequel je griffonne les images qui me viennent à l’esprit. C’est une phase très importante puisque ces vignettes me serviront de base pour le storyboard de la présentation.

 storyb-sua

 

4ème étape : Trouver l’histoire

Après avoir fait travailler son imagination lors de l’étape précédente, il faut maintenant structurer ces différents éléments. Dans un premier temps, je reprends le sommaire du document et regarde comment l’auteur a structuré sa réflexion. Généralement, il faut simplifier le contenu du sommaire. Il s’agit ici de faire une présentation vivante et non une resucée de document word. Pour cela le meilleur moyen est de raconter une histoire. Quelle histoire se cache dans ce document. Dans le cas du livre « Un Moment Pour Semer, Une Vie Pour Récolter », plusieurs manières de raconter le livre étaient envisageables. J’ai choisi de centrer la présentation sur Mohamed qui parle aux lecteurs de ses expériences. Cela permet ainsi de faire un fil conducteur tout au long de la présentation.

 diapo-histoire

5ème étape : Attaquer par la couverture

C’est maintenant le moment d’allumer l’ordinateur et de passer à la conception des diapos. Pour ma part, j’utilise le logiciel Photoshop. Toutes mes diapos sont réalisées dans Photoshop puis intégrées dans Powerpoint. Soyons honnête : Cette méthode présente quelques inconvénients. 1) Chaque modification doit être réalisée dans Photoshop puis réintégrée dans Powerpoint, ce qui peut prend plus de temps que pour une présentation PowerPoint standard. 2) Le poids du fichier PowerPoint devient vite assez conséquent (La présentation de Sème un Acte pèse plus de 20 Mo, un beau bébé n’est-ce pas ?). Maintenant ces petits désagréments sont bien peu de choses face à l’incroyable potentiel graphique qu’offre Photoshop pour la « mise en slide » du document.

Une fois Photoshop en route, je commence toujours par la couverture de la présentation. Elle est très importante car c’est elle qui donnera le ton de la présentation. J’essaie de la réduire à sa plus simple expression : un titre, un visuel, le sacro-saint logo et basta. Il est souvent utile d’ajouter un sous-titre pour renforcer l’accroche de la couverture. Pour cette présentation, j’ai préféré placer le sous-titre en slide 2 de manière à ce que la couverture bénéficie pleinement de l’espace blanc. La couverture est déterminante pour la suite de la présentation car elle fixe d’entrée de jeu deux éléments clefs du graphisme : les typos et les couleurs. Pour les couleurs, Mohamed souhaitait conserver les couleurs que l’on retrouve sur son blog à savoir le marron et le vert. Pour les typos, j’en ai sélectionné deux principales : une assez classique avec sérif et l’autre plus moderne sans sérif avec un effet un peu moderne. Je trouve que cela permet d’amener un peu de contraste à la présentation.

 couv-diapos

6ème étape : Commencer par ce qui paraît le plus évident

Il est rare d’avoir en tête tous les éléments de la présentation lorsque l’on commence à concevoir les diapos. Pour ma part, je commence par réaliser les diapos qui me sont venus le plus simplement à l’esprit. Généralement, au fur et à mesure de la conception de ces diapos, d’autres idées arrivent. Je les prends alors en note puis les intègrent ensuite dans la présentation.

essentiel

7ème étape : Chercher les « points de fluidité »

Qu’est-ce que j’appelle un point de fluidité ? Un point de fluidité peut être un élément de texte ou une image qui va me servir à amener naturellement la diapo suivante. C’est un élément de transition qui va me permettre de passer d’une diapo à une autre sans faire une rupture brutale dans la présentation. J’aime que la présentation se déroule de manière fluide et que les diapos s’enchainent sans que l’on ne s’en aperçoive forcément.

Voici quelques points de fluidité que j’ai mis en place pour la présentation de Mohamed :

 diapo-fluidite

8ème étape : Donner au lecteur des repères nets

J’essaie dans la plupart des présentations que je produis d’inclure des repères simples pour aider le lecteur à savoir où il en est dans la présentation. Le moyen le plus efficace que j’ai trouvé jusqu’ici est tout simplement de numéroter les différents « chapitres de la présentation ». Cela permet ainsi de structurer le contenu de la présentation.

 reperes

9ème étape : Trouver les transitions

C’est pour moi une des étapes les plus délicates à gérer. J’aime que la présentation coule naturellement. Généralement à ce stade, la présentation est un patchwork de différentes séquences de diapos. Il manque encore le lien d’une séquence à l’autre. Pour résoudre cette difficulté, il me faut généralement reprendre les diapos pour ajouter ou modifier le texte. Une fois ces articulations trouvées la présentation prend quasiment sa forme définitive.

 

10ème étape : Visionner, visionner, visionner

Tout au long de la préparation, je visionne à chaque insertion de nouvelles diapos le rendu général de la présentation. Cela permet de faire les ajustements en cours de route. En fin de préparation, je revisionne tout cela pour voir si la présentation est cohérente et attractive.

 

J’en ai terminé pour le making of de cette présentation. J’espère que cela vous aura permis d’apprendre quelques petits trucs qui pourront vous servir pour votre présentation. Si vous voulez avoir plus de conseils pour réaliser des présentations percutantes, je vous invite à vous inscrire ici pour recevoir mon guide gratuit qui paraîtra prochainement.

 

18 Comments

  • D.M.

    Reply Reply 8 octobre 2010

    Bonjour,

    C’est exactement le type « d’étude de cas » qui devrait faire l’objet de cours à l’école ou de formation en entreprise.

    Excellent.

    Merci du partage.

    • Alessandro

      Reply Reply 9 janvier 2012

      Salut,

      Article très pertinent.
      La présentation et les étapes sont claires et le travail de synthèse est concis.

      Je dois me mettre à la présentation powerP et je ne pouvais tomber mieux. Merci

  • Mohamed Semeunacte

    Reply Reply 9 octobre 2010

    Eh bien je dois dire que je n’avais pas vu tous le travail qui se cachait derrière ma présentation lol
    En fait je me dis que peut-être c’est cela être vraiment pro, le client essaie d’exposer le plus clairement possible ce qu’il veut et le « faiseur » fait !

    En tous les cas ce fut une veritable aubaine de travailler avec toi Olivier. J’ai vraiment été ébahit par ton travail. Je n’hesiterais pas à travailler encore avec toi :-)

    Merci pour cet excellent article

    Mohamed Semeunacte

  • Charles

    Reply Reply 10 octobre 2010

    C’est vrai que tes présentations sont vraiment très bien faites!

    Merci pour ces explications, c’est du boulot. Tu fais ça sous powerpoint?

  • Julien

    Reply Reply 10 octobre 2010

    Belle présentation je dois dire, bien construite. Les rendus de mes jobs etant majoritairement centrés sur powerpoint, je dois dire que ce sot des conseils que je donne souvent aux jeune débutant dans mon métier. Je pense que je vais reprendre un morceau de cet article pour étoffer mes briefs de début de mission!

  • Encore une fois, une très bonne présentation de ton travail. Merci de nous faire bénéficier de tous ces tuyaux §

  • debbie

    Reply Reply 10 octobre 2010

    superbe travail !
    L’étude amont / quel message est ce que je veux faire passer / comment ? / est très instructive et bien documentée.

    Petite remarque : Photoshop n’est pas à la portée de tout le monde, y compris en entreprise.

    En ce qui me concerne, j’ai découvert récemment Inkskape (en version portable également) qui aide à faire du dessin vectoriel très propre sous powerpoint, ce qui limite considérablement la taille des présentations (et ça prend en compte également la typo !)

  • Fanny

    Reply Reply 11 octobre 2010

    merci beaucoup pour cette mini formation, je suis occupée à rédiger un powerpoint pour présenter mes cours, après votre « making of »j’ai bien l’impression que je dois le recommencer. heureusement que je vous ai trouvé à temps
    merci

  • Olivier

    Reply Reply 11 octobre 2010

    Merci à tous pour vos commentaires.

    @Charles : oui, c’est effectivement réalisé dans PowerPoint.
    @Sophie, Julien : Merci pour vos encouragements. Ravi que ces conseils vous soient utiles.
    @Debbie : J’irai regarder votre logiciel de plus près. Ca paraît très intéressant. C’est clair que Photoshop reste un logiciel très spécifique et onéreux.
    @Fanny : Allez au boulot ! ;-)
    @Mohamed : C’est qu’il va me faire rougir le Mohamed. A+

  • kamal

    Reply Reply 12 octobre 2010

    Bon boulot…vraiment !
    Ma question est…comment passer de powerpoint au « support visuel » que vous avez présenté..? je ne sais pas si c’est flash ou autre (je ne suis pas connaisseur, mais je suis interessé)
    Merci s’il y’a une réponse (merci même s’il n’y en a pas)
    kamal

  • Olivier

    Reply Reply 13 octobre 2010

    @Kamal : Je pense que tu dois parler de la manière d’afficher la présentation sur mon blog. Pour cela c’est très simple et gratuit. Il suffit d’aller sur le site http://www.slideshare.net de créer un compte et ensuite tu télécharges ta présentation PowerPoint ou pdf sur ce site. Slideshare va transformer ta présentation en flash. Tu récupères ensuite le code html que tu peux installer sur n’importe quel site Internet.

    • kamal

      Reply Reply 17 octobre 2010

      Merci Olivier…et Bonne continuation !

  • Merci pour cette présentation, je ne connais pas encore PP, mais grâce à ton site je pense pouvoir me développer sur le sujet.
    C’est aussi un peu comme Flash, il faut savoir présenter les éléments et les scènes de manières fluide et adéquate.

  • Siebmanb

    Reply Reply 16 décembre 2010

    Vraiment cool de voir la naissance d’une présentation comme celle-ci ! C’est pas facile de faire quelque chose qui puisse se lire (sans avoir l’oral qui va avec) mais que ça reste sympa. Et dire que des gens font des trucs dégueux et qu’en plus ils parlent par dessus !

  • Alexis

    Reply Reply 16 août 2011

    Bonjour Olivier,

    Je suis incroyablement impressionné par la qualité de ton diaporama, ta septième étape est simplement extraordinaire ; elle fait vraiment ressortir le côté très élaboré, intelligent et efficace du message livré dans le slide.

    C’est vrai que lorsque l’on s’applique pour faire un beau diapo qui s’échappe un peu de certaines limitations (surtout quand on veut le lire sur un autre ordinateur que le sien) le poids peut vite partir en flèche ; perso mon record c’est 69Mo !

    Article très intéressant, comme le blog d’ailleurs :-)

    À bientôt,
    Alexis

  • Matt (Acide Ici)

    Reply Reply 6 février 2012

    Très bonne présentation, et très bon article ! En effet, la manière de faire, et son ordre (en particulier 4, 6, 7, 8)procède d’une réflexion claire et intelligente. J’ai chez moi « Présentation zen » et « The Non-Designer’s Presentation Book » (le pote de « Non-Designer’s Design Book », que j’ai aussi d’ailleurs), et je continue de trouver ton article intéressant à lire. :)

    A propos de ta 3ème étape : Robin Williams, elle, suggère carrément d’utiliser des post-it au lieu de ton bloc-note sur lequel tu dessines des petits cadres. Elle les réorganise ensuite à loisir à coup de décollage-recollage.

    Petite remarque en passant : sur le transparent 44, le « ces » au lieu de « ses » sur la traduc d’Oscar Wilde fait un peu tâche… Je te suggère « L’expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs ». ;)

    • Olivier

      Reply Reply 7 février 2012

      Bonsoir Matt,
      Merci pour ton commentaire.
      Effectivement, le post-it est une bonne alternative que tu peux ensuite repositionner pour trouver le bon ordre pour les slide. Je reste sur mon bon vieux bloc-notes, j’ai tendance à déborder …

Leave A Response

* Denotes Required Field